La mécanique des coeurs brisés

#1
Hello !

Je suis à la recherche de personnes prêtes à critiquer mon travail pour m'aider à m'améliorer, je sais que j'ai encore énormément de progrès à faire en termes d'écriture et je me dis que trouverai certainement quelqu'un qui saura me guider, non ?
Voici le prologue de mon roman, et je serais curieuse d'avoir un avis critique à son sujet. (Pour info cette histoire est en cours de publication sur mon compte wattpad (Peluchette)).

La mécanique des coeurs brisés
Le soleil brillait en cette fin d'après-midi d'automne, une légère brise faisait bruire les feuilles jaunies des quelques arbres qui entouraient le bâtiment. La luminosité déjà basse du mois de Septembre éblouit la jeune femme qui en sortit. Elle inspira profondément, elle voulait s'imprégner de l'air frais qui la fit légèrement frissonner alors que ses longs cheveux châtains virevoltaient au gré du vent. Elle plaqua ses mains contre ses bras et les frictionna activement pour se réchauffer, toujours le sourire aux lèvres.
La jeune femme sautilla jusqu'en bas des escaliers en pierre noire et regarda l'imposante bâtisse qui se trouvait derrière elle. Elle en sortait enfin, guérie. Tout serait différent désormais, elle en avait la conviction. Elle salua une dernière fois les deux infirmières qui fumaient leurs cigarettes au coin de la rue et s'élança vers l'arrêt de bus le plus proche, une pointe de mélancolie s'emparant d'elle quand elle prit conscience que tout ça était bien derrière elle, tous ces malheurs, tout.
- Léna ! s'écria l'une d'elle en lui courant après. Attends tu ne vas pas partir comme ça tout de même.
- Isa, tu sais bien qu'on va se revoir, rit-elle joyeusement. Je sais mais... t'as même pas dit au revoir à tout le monde.
- Franchement... je ne me sens pas de faire le tour de tout le service et... j'avais vraiment hâte de partir d'ici, souffla-t-elle. Je repasserai un de ces quatre mais là...
- Ouais je comprends, la rassura l'infirmière. Tu prends bien soin de toi. Et tu fais attention.
La jeune femme hocha la tête et lui adressa un dernier signe de main avant de s'éloigner de la bâtisse. Elle passa devant un grand panneau blanc sur lequel était écrit en lettres bleues : "Hôpital Européen Georges Pompidou". Elle soupira. Elle y avait passé tant de temps. La majeure partie de sa vie à dire vrai, ou du moins au cours des dernières années. Elle en garderait probablement quelques bons souvenirs, comme cette fois-où un infirmier était arrivé dans sa chambre en chantant à tue-tête une chanson de Bruno Mars, se trémoussant devant son lit d’hôpital, ou cette fois où elle avait passé des heures à planifier un rendez-vous entre une infirmière et un aide-soignant. Mais elle y avait également vécu de nombreuses périodes douloureuses. Le plus dur avait certainement été le décès de son frère, quelques années plus tôt.
Atteint de la même maladie qu’elle, il avait été diagnostiqué deux ans avant elle. A l’époque les médecins ne connaissaient presque pas cette maladie cardiaque rare. Ils ne savaient comment la traiter. Tout ce qu’ils comprenaient, c’était qu’elle était dégénérative et qu’ils n’avaient, jusqu’alors aucun moyen de contrer ses effets. Il était mort trois ans après alors qu’on avait diagnostiqué à sa sœur le même problème cardiaque. Elle avait pensé que ç’en était fini d’elle, qu’elle finirait comme lui. Mais elle avait eu plus de chance. Son cas était rare, alors d’éminents cardiologues du monde entier étaient venus la voir, ils pensaient tous avoir trouvé « la » solution qui lui changerait la vie. Ils se trompaient tous. Sauf un. Un qui avait trouvé une combinaison de médicaments qui permettaient de stabiliser la maladie, de l’empêcher de progresser. Et c’était déjà bien.
La jeune femme se laissa tomber sur le banc en plastique sous l’abri bus gris. Une vieille dame à l’allure stricte mais élégante passa devant elle, trainant derrière elle un petit caniche blanc. Elle s’arrêta à son niveau, la dévisagea et s’assit le plus loin possible de la châtaine.
Regardant le paysage défiler sous ses yeux à toute vitesse, la jeune femme pensa soudainement à ses proches. Elle devait les prévenir de sa sortie, même si aucun n'était à Paris. Elle saisit alors son portable et composa le numéro de ses parents. Comme d'habitude, elle n'eut aucune réponse. Sa famille n'étant pas très soudée, ils étaient fiers partisans de l'adage français qui les caractérisait le mieux. Pas de nouvelles bonne nouvelles. Elle ne laissa aucun message, ils ne l'écouteraient probablement pas de toute façon. Elle tapota rapidement sur l'écran de son smartphone et envoya le texto à destination de ses deux meilleurs amis, les seuls avec lesquels elle avait encore un contact régulier.
« Sortie de l'hôpital aujourd'hui. On s'appelle dans la semaine les copains. Bisous ».
Le bus s’arrêta, elle prit rapidement un ticket auprès du conducteur et observa l’espace. Toutes les places étaient vides, à l’exception de la dame au caniche qui s’était installée sur un strapontin, son chien sur les genoux. Elle marcha lentement jusqu’au fond et se laissa tomber sur un siège près de la fenêtre. Les yeux rivés sur la façade vitrée d’un des plus grands hôpitaux parisien, la jeune femme laissait ses doigts courir lentement sur la longue cicatrice qui ornait sa poitrine, entre ses deux seins. Elle se sentit soudainement nauséeuse quand elle se rappela d’où elle lui venait, quand elle se souvint de ce visage qu’on lui avait montré en photo.
La jeune femme descendit à son arrêt, à quelques mètres de son appartement. Elle connaissait bien ce quartier dans lequel elle avait grandi. Il n’avait pas vraiment changé depuis son dernier séjour chez elle, huit mois plus tôt, avant de se faire opérer. Elle laissa son regard se balader sur la longue avenue de la Bourdonnais, bordée de grands platanes dont la frondaison commençait à se clairsemer, jonchant le sol de feuilles marrons.
Une vingtaine de touristes asiatiques passa devant elle, téléphones en main, prêt à prendre la fameuse dame de fer en photo. Un rictus amusé étira ses lèvres rosées. Le quartier n’avait pas changé. Il était toujours ce lieu plein de vie, dans lequel se mêlaient habitants et touristes émerveillés par la splendeur des bâtiments haussmanniens qui ornaient toutes les avenues avoisinantes. Elle esquiva deux enfants qui rentraient de l’école, cartable sur les épaules, et se dirigea vers l’avenue Rapp qui donnait directement sur le pont de l’Alma et son zouave, grand ami des parisiens en cas de crue de la Seine.
Elle passa devant le Café du champ de Mars, là où tout bon visiteur se devait de s’asseoir, pour commander un verre de vin blanc ou de champagne, ou même un simple café. La terrasse était encore bondée malgré la fraicheur ambiante, de toute façon elle l’était même en hiver.
Arrivée devant une grand porte cochère faite de verre et de fer forgé, elle composa le code qui l’ouvrait sur le boitier doré. Un bruit strident retentit et elle put enfin l’ouvrir pour entrer dans un magnifique hall couvert de mosaïques bleutées, représentant de grandes fleurs. Une éternelle poussette était stationnée dans un coin, il n’y avait probablement plus d’enfant depuis des années dans cet immeuble, mais elle était restée là. Elle poussa une seconde porte en verre après avoir badgé sur l’interphone et gravit les cinq marches, couverte d’un tapis rouge moelleux fixé au parquet, qui la menaient à l’inter étage où était l’ascenseur. Elle avait toujours trouvé stupide de mettre un ascenseur en haut de cinq marches, parce que si quelqu’un devait prendre l’ascenseur, pour des raisons de mobilité, il ne pouvait certainement pas s’y rendre.
Elle poussa la double porte en bois clair, ornée d’une poignée dorée, et entra enfin chez elle. La châtaine avait de la chance, elle avait toujours évolué dans un monde où l’opulence régnait, elle avait toujours vécu dans cet immense appartement parisien, dans un des quartiers les plus prisés de la capitale. Et lorsque ses parents étaient allés vivre à New York, six ans plus tôt, elle avait hérité du lieu, son frère préférant de loin son appartement du nord parisien.
Elle posa les clés dans une vasque en bois flotté posée à l’entrée sur un meuble design au style épuré et jeta son sac de voyage sur son lit. Retrouver son appartement était une sensation qu’elle aurait été incapable de décrire tant elle en était heureuse. Elle aimait plus que tout ce sentiment de joie et de nostalgie qui s’emparait d’elle quand elle y revenait après une longue absence. Elle parcourut la grande pièce à vivre des yeux. Sa plante était morte. Tout était exactement à l’endroit où elle l’avait laissé. Le cadre photo, qui la représentait aux côtés de son frère lors d’un mariage, posé sur la cheminée. Les partitions de musique jetées négligemment sur le haut du piano. Sa boite à thé en ébène reposant sur le plan de travail de la cuisine américaine. Tout était encore là, l’appartement était resté figé dans le temps, durant huit mois.
Les larmes lui montant aux yeux, elle préféra sortir. Elle ne se sentait pas de passer la soirée seule dans ce grand appartement vide à redécouvrir les restes d’un passé douloureux. Alors elle enfila son pantalon chino fétiche, une chemise et sa paire de converses et s’empressa de sortir pour rejoindre le café où elle avait l’habitude d’aller avec ses amis, avant que la maladie ne l’empêche de sortir.
Elle marcha d’un pas vif dans les rues du septième arrondissement, passa devant la Tour Eiffel qu’elle ne prit la peine d’observer tant elle en avait l’habitude, ignorant les vendeurs à la sauvette qui lui proposaient des portes clés ou qui scandaient « beer, wine, champagne » pour l’inciter à acheter les boissons alcoolisées qu’ils trimballaient dans des seaux en plastique. Après avoir rejoint la grande avenue sur laquelle passait une des lignes aérienne de métro, elle la suivit jusqu’à arriver devant un bar à la devanture rouge et noire qu’elle connaissait bien.

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